Green IT, les bonnes pratiques

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Le sujet du Green IT est apparu en 1990 aux USA, dans le programme gouvernemental Energy Star (programme gouvernemental américain chargé de promouvoir les économies d’énergie aux États-Unis et utilisé au Canada, Australie et Union Européenne).

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Au début il était question de la pollution des ordinateurs de bureaux, stations de travail, écrans… mais avec le temps ces préoccupations ont beaucoup grandi : systèmes d’informations des entreprises, cloud privé, cloud public, télécommunication IP, smartphones, objets connectés…

Aujourd’hui les préoccupations sont bien réelles.

Green IT, les impacts du numérique en chiffres

En 2019, le numérique mondial représente un 7ème continent de la taille de :

  • 2 à 3 fois celle de la France (selon l’indicateur environnemental observé)
  • Jusqu’à plus de 5 fois la France si on considère d’autres indicateurs (masse, etc.).

La contribution du numérique à l’empreinte de l’humanité est loin d’être négligeable :

  • Consommation d’énergie primaire (EP) : 4,2 %
  • Emissions de gaz à effet de serre (GES) : 3,8 %
  • Consommation d’eau (eau) : 0,2 %
  • Consommation d’électricité (Elec.) : 5,5 %

Rapporté à des usages quotidiens, cela revient à :

  • GES : 1,5 milliards de salariés français allant travailler pendant 1 an ;
  • Eau : 242 milliards de packs d’eau minérale (9 litres) ;
  • Elec. : 82 millions de radiateurs électriques (1000 Watts) allumés en permanence.

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Et tout ceci n’est pas près de s’arrêter

Il est prévu qu’entre 2010 et 2025, le numérique passe ainsi de l’ordre de 2,5 % de l’empreinte de l’humanité à près de 6 %.

La plus forte progression est celle des émissions de gaz à effet de serre qui vont passer de 2,2 % en 2010 à 5,5 % en 2025 (le gaz à effet de serre est l’un des facteurs du réchauffement climatique et de la dégradation de la couche d’ozone avec des effets extrêmement nocifs sur l’écosystème à court et long terme).

En 2025, les utilisateurs concentreront entre 56 % à 69 % des impacts. Par exemple, 62 % des émissions de GES du numérique seront liées aux utilisateurs, dont 35 % à la fabrication de leurs équipements.

La pandémie de COVID montre très clairement les limites de notre mode de vie et l’importance de construire un monde d’après plus respectueux de l’environnement. Mais, en même temps, cette crise met en avant l’importance du numérique dans notre capacité de résilience (coordination des efforts sanitaires, maintien du lien social, gestion des entreprises à distance…).

Sans le numérique les impacts sociaux et économiques de cette crise auraient été beaucoup plus importants.

Le challenge est donc de réussir à maintenir le rythme d’évolution du numérique tout en le faisant évoluer vers une économie beaucoup plus respectueuse de l’environnement.

Comment faire du Green IT à son niveau ?

Le green IT, est souvent un sujet vu comme une contrainte supplémentaire pour les entreprises. En réalité, vous allez vite comprendre, que c’est essentiellement une question de bons sens, d’organisation et de vision d’entreprise.

Optimiser ce que nous avons déjà

Parmi, les 3 sources principales de pollution dans l’industrie du numérique, les équipements représentent 47%.

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La cause principale en est la terre rare contenu dans nos précieux smartphones et ordinateurs.

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La solution est donc d’optimiser ce que nous avons déjà aux lieux de systématiquement racheter.

De manière pragmatique, les solutions sont nombreuses, nous pouvons :

  • Réparer nos ordinateurs, smartphones ou serveurs.
  • Les recycler en les vendant ou les donnant.
  • Les acheter d’occasion.
  • Utiliser les mêmes outils numériques pour le travail et notre vie perso.

Bref, tout ce qui est bon pour permettre le réemploi de ces ressources informatiques précieuses.

Mutualisons nos ressources

Finie l’ère du cloud privé, ou pire, le réseau interne d’entreprise ou chaque société crée et exploite sont environnement dédié, réalise ses propres mises à jour, administre chacun de ses équipements (le plus souvent sous utilisés…).

Il est temps de penser mutualisation des ressources et cloud computing.

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Evidement, lorsque l’on se dirige vers le cloud computing avec une volonté de « green it » il ne faut pas négliger l’importance des datacenters qui sont derrière ces équipements.

Pour cela je vous invite à :

  1. Consulter le ESG de votre datacenter.
  2. Consulter le classement de l’EPA de votre datacenter.
  3. Vous pouvez également avoir plus d’information grâce à cette carte numérique.

C’est bien de penser à la mutualisation mais c’est encore mieux de réfléchir à la bonne utilisation de nos ressources.

La conception numérique responsable

J’adore ce troisième sujet car il est encore une fois extrêmement pragmatique et aura (de mon point de vue) de réels effets vertueux.

Pour tendre vers une société numériquement responsable il faut passer du temps à comprendre, planifier, organiser les stratégies informatiques de la société.

Ceci fait échos à de nombreux sujets que j’ai déjà abordés sur le rôle fondamental des DSI :

Sur ces aspects il y a deux grands principes :

Première principe, vous devez passer du temps à la conception et à la maintenance pour être au plus proche des besoins des consommateurs.

Avec ce principe, fini,

  • Les « développements poubelles » qui restent pendant des années, dans le code source.
  • Les fonctionnalités dont personne ne sait à quoi elles servent.
  • Les fonctionnalités trop complexes dont personne n’est réellement capable d’expliquer ou de maintenir…

Bref, avec ce principe, il faudra tendre vers des systèmes informatiques simples, optimisés et répondants aux besoins stricts des utilisateurs.

Le second principe est l’utilisation des ressources.

L’idée sera de réduire les usages des ressources et encore une fois il faudra être pragmatique, par exemple :

Si vous avez un business qui a besoin de « scaler » sur certaines périodes de l’années ou même de la journée. Au lieu d’ajouter des ressources, penser à la dockerisation de vos applications avec docker et Kubernetes. Le principe sera de créer des images de votre système et de le dupliquer autant de fois que nécessaire « seulement » pendant vos PIC d’activités.

Vous pouvez également systématiser le fait d’éteindre les machines virtuelles lorsqu’elles n’ont pas besoin d’être utilisées (une pratique qui réduira les couts et améliorera votre empreinte énergétique).

Encore un exemple, l’optimisation du contenu (vidéos, photos…) améliorera significativement la performance d’affichage de votre site ainsi que votre positionnement sur google et participera à la réduction de vos dépenses énergétiques.

Enfin, la sensibilisation

Enfin, comme pour la cybersécurité, ce sera la sensibilisation qui fera le plus d’effet.
Nous sommes bien souvent déresponsabilisés par la facilité des usages du numérique et avons besoin de comprendre les impacts réels.
Encore une fois, pour être pragmatique, il vous suffit de faire circuler cet article pour sensibiliser un maximum de personnes sur le sujet.

 

Les Sources de cet article :

https://www.greenit.fr/etude-empreinte-environnementale-du-numerique-mondial/
https://alliancegreenit.org/media/ressource-publication/agit-barometre-green-it-2020-1-3.pdf

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